Bonjour à tous!

Aujourd’hui j’avais envie d’évoquer avec vous la réflexion importante que j’ai pu mettre en place sur ma façon de créer. Le concept de processus créatif est un thème qui m’a toujours fascinée. J’y ai consacré un live et un article (User d’un processus créatif ), et je ne cesse d’en apprendre davantage sur le sujet.

J’ai subi une grosse panne créative récemment, j’en ai beaucoup parlé sur les réseaux et via un article Gérer ses instants de panne créative (promis c’est le dernier lien ^^). Elle est passée, mais cela n’a pas été aisé. Néanmoins, je réalise qu’elle m’a été salutaire. Cette crise m’a permis de faire le point sur mes besoins, de mettre des mots sur mes pensées limitantes, et d’essayer de trouver des solutions.

Première étape et non des moindres, mettre en place un vrai rituel de création. Travaillant désormais à la maison, c’était plus aisé pour moi de créer un planning qui me soit propre… Mais pour ce faire, il a fallu que je sois attentive à mon rythme de vie, que je me regarde un peu le nombril. En effet, pour « bien » créer, il faut se connaître, savoir quand on est concentré, quand notre esprit se relâche.

Personnellement, je suis plus efficace le matin et en début d’après midi. A partir de 16h, j’ai mal à faire des choses nouvelles, et c’est complètement off à 20h ^^ A présent, je respecte cette dynamique, en dessinant le matin après un tour sur les réseaux, en faisant l’administratif à 14h et en écrivant mes articles en fin d’après midi. L’intérêt pour moi a été aussi de me rassurer… Passer de 8 ans d’emploi du temps bien cadrés dans l’Education Nationale à la liberté absolue de freelance n’a pas été une mince affaire!

Mettre en place une vraie routine et s’y tenir n’a pas été une mince affaire. Mais depuis 1 mois que je m’y efforce, j’ai le sentiment d’être plus efficace dans ce que je fais, et je subis moins de doutes quand je crée 🙂

Une fois le planning posé, encore fallait il avoir un endroit pour créer. Et ce n’est pas si aisé! J’avais souvent tendance à m’étaler dans plusieurs pièces, à errer de placards en boîtes pour retrouver mon matériel… pour finalement être stoppée en plein élan faute de dynamique adéquate.

J’ai la chance d’avoir une pièce à moi, dans nos combles aménagées. Quitter l’Education Nationale a été l’occasion d’un sacré ménage de rentrée, j’ai jeté livres et cours… Et cela a été l’opportunité d’optimiser mon espace de création. J’ai mis prêt de moi le matériel que j’utilise le plus, ai enfin trié mes anciens dessins dans des classeurs, ai rassemblé mes livres sur le dessin et le DIY dans une étagère, et ai décoré le tout avec des réalisations d’artistes inspirants. Quand j’entre dans mon bureau à présent, je suis à chaque fois motivée et pleine d’envie de créer, tout le matériel étant à la fois bien rangé et bien visible! C’est très stimulant.

A noter que Magali Cazo via son guide « Eclore » a été une pierre fondatrice de cette réflexion. D’ailleurs le premier thème de son ouvrage est « Faire la place ». Elle conseille « d’adapter sa pratique à l’espace qu’on a déjà. » Je lui laisse la parole pour conclure ce paragraphe:

 » Si le résultat est souvent destiné à être montré, le processus pour y parvenir a souvent lieu dans l’intimité de l’artiste. Si nous voulons que l’oeuvre qui sort de l’atelier soit bien nourrie, offrons lui un nid confortable. »

Ensuite, une fois le planning posé et le bureau rangé, il m’a fallu apprendre à me décontracter par rapport à la notion d’échec. Pendant des années, dès que je « ratais » une illustration, ou du moins dès qu’elle ne correspondait pas exactement à l’idée que j’avais en tête, je déchirais le document, je jetais et recommençais. Or j’ai compris tardivement qu’en agissant ainsi, je me privais de bases de réflexion précieuses. Je me suis donc jurée (avec difficulté) de ne plus jamais déchirer quoi que ce soit. Le pire a été quand j’ai commencé à remplir des carnets… Difficile en effet de garder des pages « laides » qui gâchent un ensemble.

Mais au final, conserver les dessins ratés, cela me permet de voir mon évolution, et cela fait du bien au moral de réaliser que les choses changent, que je retiens des leçons de mes erreurs.

Je le disais, j’essaie d’accepter mes échecs créatifs. Or au fur et à mesure des années, j’ai rempli de plus en plus de carnets pour développer ma créativité. Avoir des carnets me permet de faire des essais de manière détendue, sans gâcher du papier de qualité. Cela m’aide à structurer mes pensées, à rassembler toutes mes idées au même endroit, et cela est donc devenu un précieux outil pour éviter les pannes créatives.

Pour autant, je ne laisse pas des choses que je trouve mauvaises parasiter mes cahiers. J’ai mis en place deux processus. La première astuce a été de noter le négatif et surtout le positif des pages qui me gênent, afin de comprendre ce qui pose souci et ce qui fonctionne pour la suite de mes créations.

Autre possibilité, transformer le résultat, en ajoutant différents éléments, en changeant de technique, en collant des choses ajoutant de la typo etc. L’erreur est toujours là, mais elle est différente, change d’identité, et devient même source de jolies découvertes.

Je détaillerai dans un prochain article comment je remplis mes carnets, n’hésitez pas à évoquer en commentaire si un point particulier vous intéresse!

 

Dernier point et non des moindres, il m’a fallu comprendre ce qui faisait de moi une créatrice à part entière. Pendant longtemps, je trouvais que je n’avais pas de style. Je mettais le terme sur un piédestal, pour moi ceux qui avaient un style étaient les grands artistes, et moi je n’étais qu’une gribouilleuse.
Bon, je ne vais pas mentir, j’ai toujours beaucoup du mal avec l’appellation « artiste » qui pourtant est présente sur mon profil instagram, et suis à mes yeux plus une personne qui dessine qu’une dessinatrice. J’imagine que j’ai encore du chemin à parcourir en terme de confiance en soi! ^^

Mais j’ai appris à me connaître, et je sais ce que je crée. Mine de rien, c’est énorme. Avoir une identité propre, la savoir, l’appréhender correctement et pouvoir s’en prévaloir, cela donne une sacrée énergie positive!

Je le disais, ranger mon bureau a été l’occasion de trier mes réalisations. Il y en a qui datent de… 2004. J’avais 13 ans. Je suis très heureuse que ces oeuvres aient échappé à ma mauvaise tendance de jeter ce que je trouve laid. Car ces dessins, mal proportionnés, maladroitement colorés, font de moi ce que je suis et témoignent de mon cheminement.

J’ai étalé devant moi toutes mes réalisations. Il y avait environ 1100 formats A5 et A4, pour 15 ans de création. Pas mal de brouillons, d’esquisses pas terminées, de séries et de redites, aussi. C’était incroyable de voir devant moi toutes ces réalisations, représentatives de moments de ma vie et des années écoulées. Et plusieurs choses m’ont frappée, des constantes se sont dégagées. Mon style était là, sous mes yeux 😉

Et de savoir ce que je suis, ce que je crée, c’est hyper stimulant. Bien sûr, cela ne m’empêche pas de sortir de ma zone de confort, et de tester de nouvelles choses. En cas de gêne, je peux retourner vers mes acquis maintenant que je les ai diagnostiqués. Et en cas de lassitude, je peux retrouver mes thèmes favoris pour réfléchir encore une fois à comment les varier.

Voilà pour cet article sur le processus créatif ! J’espère qu’il vous a plu. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter, je serai ravie de discuter de ce sujet avec vous 🙂 A bientôt!

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Source images de photos d’illustrations libres de droit: Marek Levak, Lilartsy, Kelly Sikema, Anete Lusina sur Unsplash

 


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